Mardi gras indians

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Photographiés en pied, devant ces murs colorés de la Nouvelle Orléans, ils déploient fièrement leur ramage volumineux. Big chiefs, Spy boys, Flag boys et Queens, ce sont les Mardi Gras Indians. Leur tradition prend ses racines dans l’histoire de l’esclavage ; « Mardi Gras » parce qu’elle a lieu pendant le carnaval de la ville, et « Indians » parce que ces silhouettes exubérantes veulent évoquer, dans une forme d’hommage, les tribus indiennes qui recueillirent les esclaves en fuite. Les Mardi Gras Indians sont organisés en tribus, chacune comptant avec son Big Chief et sa Queen.

Dans ces quartiers où il choisit de les photographier – gravement sinistrés après l’ouragan Katrina -, il revient vers des environnements « fermés », nul paysage offrant une ligne de fuite mais des murs et palissades aux couleurs vives, s’érigeant droits. Si ces éléments de tôle, bois et parpaing évoquent un milieu urbain, ils constituent avant tout de grands aplats avec lesquels le photographe peut composer, cherchant l’écho avec les plumages et les trames de perles colorées. À l’occasion, il introduit des écritures, publicités ou graffitis, qui viennent eux aussi répondre aux signes dispensés par les costumes et les histoires racontées par ces plastrons de perles. La tenue rituelle est bavarde, presque didactique, fixant sous la forme de saynètes, la mémoire des ancêtres. Chaque costume est donc attaché à celui qui le revêt, qui le renouvelle chaque année. Pourtant, là encore, les dimensions monumentales du costume oblitèrent souvent les traits du visage.

Presque toujours de trois-quarts, pris dans un mouvement, les Mardi Gras Indians sont cadrés serrés, et l’image de sembler juste assez grande pour contenir toute l’opulence et l’envergure de ces silhouettes.